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LE TEMOIGNAGE RARE DUN HOMME BATTU

 

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CHARENTE

CHARENTE: LE TÉMOIGNAGE RARE D'UN HOMME BATTU

  

«Je ne sors plus», confie Thierry, victime de violences physiques et psychologiques de la part de son ex.

 

Photo Renaud Joubert

 

Par Antoine BENEYTOU, publié le 5 mars 2021 à 17h11, modifié le7 mars 2021.

 

Le 8 août 2019, Thierry était victime de coups de marteau assénés par sa femme. Paroxysme de huit ans de violence. Aujourd’hui traumatisé, il raconte son calvaire

 

L es séquelles physiques ont disparu. Les traces de marteau sur son visage. De la lame de couteau sur sa main gauche. Mais les balafres psychologiques sont encore à vif. Thierry le dit lui-même sans détour: il est un ancien «homme battu» .

 

En France, 7 % des victimes de violences conjugales sont des hommes. Phénomène méconnu. Thierry, Charentais de 44 ans, est l’un d’eux et accepte de nous raconter son histoire. «Pour que les hommes, eux aussi, osent parler . Souvent, ils ont peur de passer pour des mauviettes, on est dans une société patriarcale ou un homme doit être viril, costaud et ne pas pleurer...»

 

Phobie des femmes

 

L’entretien se déroule dans des conditions particulières. Dans les locaux du CAJ de la Grand-Font, Mathilde Graziano, une bénévole, Céline Viseux, référente à l’égalité hommes-femmes dans le quartier, ainsi que Jessica Ravali Vergnaud, référente au conseil citoyen. Cette dernière connaît bien Thierry. Et elle a tout prévu. Une porte derrière lui, une autre au fond de la salle. Au cas où il ait besoin de partir précipitamment. Depuis quelques années, le quadragénaire a développé une phobie des femmes, puisée dans la relation toxique entretenue avec son ex pendant huit ans. Thierry prend sur lui - même s’il sursaute lorsqu’une bénévole du CAJ lui apporte un café - et se souvient de son mariage, en 2011...et des premières violences n 2013. Un coup de couteau à la main qui se soldera par... une médiation pénale.

Les années passent, ponctuées d’humiliations, «de privations de libertés..». Elle installe un GPS sur son téléphone pour le suivre à la trace, ne le laisse pas aller où il le souhaite, lui jette un verre dans le visage, un soir, dans un bar, lorsqu’elle découvre qu’il boit un pot avec un groupe d’amis parmi lequel se trouvent des femmes. 

 

«Je dormais aussi dans ma voiture, quand je rentrais dix minutes en retard.» Sévices physiques, psychologiques, mais aussi sexuels. «Elle était d’une rare violence» , souffle Thierry. «Mais au bout d’un moment, on accepte tout ça...» Le paroxysme est atteint le 8 août 2019.Il sait qu’elle le trompe. Lui fait remarquer. «Et là, elle s’énerve très vite.» Les insultes pleuvent, puis les coups de marteau. Elle va même jusqu’à lui poser une lame de rasoir sous la gorge. Thierry prend peur, notamment pour sa mère, qu’il héberge depuis peu. Il appelle la police, qui intervient au domicile, à La Couronne. «J’ai culpabilisé», confie-t-il. Lors de l’interpellation, elle s’en prend même aux forces de l’ordre.

 

Au commissariat, les enquêteurs se montrent d’abord perplexes, le soupçonneraient presque. «Heureusement, j’avais des enregistrements vidéos..» On lui a bien demandé pourquoi il ne s’était pas défendu, lui, l’ancien vigile. «Dans ma tête, on ne touche pas une femme», répond-il. Quelques mois plus tard, son ex écope d’une peine de prison avec sursis. Thierry, lui «en bave» toujours. «Je ne sors plus». 

 

Son travail? Il l’a quitté à la fin de son contrat. Trop de femmes dans son service. Il a bien des entretiens d’embauches. «Mais face à une femme, je perds mes moyens. Quand je finis par dire que j’ai été battu, les gens disent ‘‘ah oui, ça existe?’’» Je suis toujours obligé de me justifier et de montrer la copie du jugement..»

 

Aujourd’hui, il vit à travers son écran d’ordinateur. Refuse les sorties entre amis. «Quand je suis invité et qu’il y a des femmes, je n’y vais pas.» Sur les réseaux, Thierry partage son expérience avec d’autres victimes. Et regrette «qu’il n’y ait pas de structures pour les hommes battus, cela aiderait à en parler.» Céline Viseux ne dit pas autre chose: «Il faut interpeller les instances, qu’elles prennent en compte ce genre de témoignages. Je vais d’ailleurs réfléchir à ce que l’on peut mettre en place.»

 

Anne-Laure Willaumez , vice présidente du CCAS précise que "depuis plusieurs années le CCAS de la ville d’Angoulême porte le dispositif département de violences conjugales et chaque année quelques hommes sont accompagnés et mis à l’abri." Et d'appeler les femmes et hommes victimes de violences conjugales, à composer le numéro d'urgence dédié à la Charente, fonctionnant 7 jours sur 7. Le 0800 16 79 74.

 

Un Charentais en avait fait un livre

 

En 2015, le Charentais Maxime Gaget avait été l’un des premiers hommes à dévoiler son calvaire de conjoint battu. Il l’avait raconté dans un livre intitulé «Ma compagne, mon bourreau», aux Éditions Michalon. Un récit terrifiant relatant les «un an, quatre mois et deux jours» de violences subies. Son ex avait écopé de cinq ans de prison dont trois avec sursis. À l’époque, de nombreux médias nationaux s’étaient intéressés à l’histoire de Maxime Gaget.

 

 



22/01/2023
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