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QUAND L’ORGASME N’EST PAS SOURCE DE PLAISIR

 

 

 

Quand l’orgasme n’est pas source de plaisir

 

Quand l’orgasme n’est pas source de plaisir

La vision simpliste de la satisfaction sexuelle centrée sur l’orgasme est remise en cause par l’expérience des «mauvais» orgasmes.

L’orgasme fait l’objet d’un certain nombre de malentendus. D’abord celui qui fait rimer orgasme avec rapport réussi. Cette vision de la sexualité, très majoritaire chez les hommes, néglige le fait qu’un rapport sexuel peut être tout à fait satisfaisant sans lui, et même qu’il est parfois plus agréable de se laisser emporter par des sensations agréables ou le plaisir partagé de l’instant que de se focaliser sur cet objectif.

Ensuite le fait que certains hommes y voient l’expression de leur capacité d’amant «à faire jouir» leur partenaire. «Beaucoup de femmes qui ont un rapport sexuel avec un homme se sentent sous pression d’avoir un orgasme pour protéger l’ego de leur partenaire», expliquent ainsi trois psychologues de l’université du Michigan et de la Queen’s University de Kingston (Canada), dans la revue Archives of Sexual Behavior de septembre.

Contexte négatif

Avec ses collègues, Miriam Francisco et Sari van Anders, Sara Chadwick a en effet décidé d’étudier les «mauvais» orgasmes, c’est-à-dire ceux qui surviennent dans un contexte négatif. Les auteurs citent ceux qui peuvent survenir lors d’un rapport contraint et plaident pour que l’on en parle afin d’éviter de propager le mythe qu’une femme qui jouit est forcément consentante. Sans parler de la culpabilité que peuvent alors ressentir les victimes. Mais ils se penchent aussi sur les mauvais orgasmes, vécus comme tel, lors de rapports consensuels.

Ils ont recruté 726 volontaires via Internet, âgés en moyenne de 29 ans, qui avait déjà eu des «mauvais» orgasmes, puis ont analysé les réponses de 289 participants qui avaient détaillé leur expérience. Ce qui leur a permis d’identifier deux catégories principales de mauvais orgasmes.

Deux types de mauvais orgasmes

D’une part, ceux qui surviennent au cours d’un rapport consenti pour des raisons non strictement sexuelles, qu’elles soient positives (envie d’intimité ou de témoigner son amour pour l’autre, par exemple) ou négatives (pour éviter de se disputer à ce sujet).

D’autre part, les mauvais orgasmes qui se produisent après que le (ou là) partenaire ait insisté pour cela. «Évidemment, avoir un orgasme alors qu’on est pressé pour cela peut être positif pour beaucoup de personnes parce que cela soulage de cette pression, mais cela peut aussi rendre toute l’expérience stressante, frustrante ou négative par ailleurs, constituant potentiellement une expérience de mauvais orgasme», écrivent Sara Chadwick et ses consœurs.

En tout cas, les réponses des femmes, comme des hommes, confirment qu’il est simpliste et réducteur de considérer l’orgasme comme le marqueur de la satisfaction sexuelle. «Notre étude souligne que des sentiments négatifs peuvent diminuer la qualité d’un orgasme lors d’un rapport consensuel en atténuant ou négativant le plaisir physique et/ou psychologique associé à l’orgasme», concluent les auteurs.

 



10/11/2019
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